Immigration clandestine au Sénégal :« Barça ou Barsax » 

 Immigration clandestine au Sénégal :« Barça ou Barsax » 

 Immigration clandestine au Sénégal :« Barça ou Barsax » 

/ DIASPORA ACTUALITE / Wednesday, 02 December 2020 10:18

Source photo: VOA Afrique

Par Ousmane DIAO 

Le Sénégal situé en Afrique de l’Ouest, est un pays en voie de développement selon le gouvernement mais assez pauvre pour certains citoyens. Selon le média Le360afrique.com, dans un document de l'Organisation Internationale du Travail (OIT), le Sénégal serait le troisième pays, ayant le taux de chômage le plus élevé au monde. Avec un taux de 48%, le Sénégal se place juste derrière le Burkina Faso et la Syrie. Face à une telle situation, les jeunes sénégalais ont décidé d’affronter la mer pour rejoindre l’Europe. 

Les dures conditions des sénégalais 

D’après Cheik Oumar Ba, dans son article L’émigration clandestine sénégalaise, plusieurs facteurs sont à l’origine de la migration sénégalaise. 

En milieu urbain, le sous-emploi, l’accroissement de la pauvreté, la généralisation du chômage, la précarité ou encore la faible rémunération du travail sont des éléments qui ne cessent de faire augmenter le nombre d’émigrés. En milieu rural, la dégradation des conditions de vie ne cesse de diminuer au fil des années. Cela est majoritairement dû à la crise de l’agriculture : la sécheresse, le manque de matériel agricole performant, la faible productivité du travail agricole et la dépréciation des matières premières (arachide, coton) ne laissent aucune possibilité d’épanouissement aux jeunes cultivateurs.  

De plus, le pays ne possède pas de formations scolaires adéquates, l’échec scolaire est fréquent, ce qui incite beaucoup de jeunes, sans perspective d’avenir à partir. Quant aux travailleurs qualifiés comme les ingénieurs, médecins ou enseignants, le faible salaire les poussent à s’expatrier afin de trouver de meilleures conditions de vie. Le manque de travail se fait également sentir chez les pêcheurs, les côtes sénégalaises ayant été détruites à cause de la pêche illégale. 

Etat de la situation 

Depuis quelques semaines, le Sénégal observe une recrudescence des tentatives d’émigrations clandestines vers l’Europe. Ce phénomène, plus communément appelé barça wala barsax prend de plus en plus d’ampleur. L’ancien premier ministre, Abdoul Mbaye, en dit quelques mots sur ses réseaux sociaux : « de grâce, ne les laissez pas partir vers le mirage et souvent la mort. De grâce, retenez-les par l’emploi et l’espoir. De grâce, cessez de désespérer nos jeunesses par la “mal gouvernance”, la corruption et l’injustice ».  

Le pays a dernièrement enregistré un nouveau naufrage faisant une dizaine de morts d’après un article issu du journal Le monde. Entre le 7 et le 25 octobre, la marine sénégalaise, appuyée par la garde civile espagnole, a intercepté cinq pirogues en partance pour l’Europe. La marine a secouru au total 388 personnes, selon le gouvernement. Dans l’une de ces pirogues, un incendie a été déclaré le 23 octobre au large de Mbour, à plus de 80 km au sud de Dakar. Ce dernier aurait été provoqué par« une explosion du moteur et des fûts de carburant à bord », selon les déclarations gouvernementales encore une fois. « Les opérations de surveillance en mer sont en train d’être menées avec des moyens aériens et navals renforcés […] 28 présumés convoyeurs ont été interpellés. » La marine sénégalaise affirme avoir secouru 51 passagers de la pirogue, sans pour autant préciser le nombre initial de passagers. 

Efforts consentis pour contrer le phénomène 

L’effort contre l’immigration clandestine a mobilisé des acteurs nationaux, régionaux et internationaux. En effet, au Sénégal, la diminution entre 2009 et 2011 a été non seulement le résultat de l’implication de la société civile dans leur campagne de sensibilisation, mais aussi celui de la coopération entre le pays et l’Union européenne à travers le programme FRONTEX, qui visait à garantir le littoral maritime du pays. 

Toutefois, certains efforts réalisés notamment par la société civile, ont été entravés par l’instabilité qui règne dans la région du Sahel. La coalition occidentale dirigée par l’OTAN, a causé un chaos sans précédent en intervenant en Libye pour appliquer un changement de régime en 2011.La Libye est aujourd'hui le point de départ principal pour les immigrés clandestins vers l’Italie par la mer Méditerranée. Plus de 1187 Sénégalais ont atteint les côtes italiennes, par l’intermédiaire de la Libye depuis le début 2015 selon Mouhamadou Kane (PhD candidate at Jilin University in China.). 

Le phénomène de l’immigration clandestine est l’une des principales sources d’insécurité au Sénégal. Durant la dernière décennie, ce phénomène a tué plus de personnes que le terrorisme n’a pu le faire. Le gouvernement sénégalais devrait tenter d’adopter une approche plus globale dans la lutte contre l’immigration clandestine. Mais cette lutte ne sera efficace que si la stabilité régionale est garantie. 

 

 

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