RDC : Quelles chances pour avoir la tenue des élections présidentielles en 2023 ?

RDC : Quelles chances pour avoir la tenue des élections présidentielles en 2023 ?

RDC : Quelles chances pour avoir la tenue des élections présidentielles en 2023 ?

/ POLITIQUE / Wednesday, 24 March 2021 13:18

 source photo: oeil d'humanité

Par Gloire Malthus  

La question divise la classe politique congolaise depuis la dernière alerte de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), qui a appelé le Président Félix TSHISEKEDI, deux ans avant la fin de son mandat, au respect du délai constitutionnel dans l’organisation des élections au pays.  

Cette conférence du prélat Catholique  RD Congolais vient de rendre, ce jeudi 18 mars 2021, sa « feuille de route électorale » des activités à mener jusqu’aux élections impératives en 2023. Cette dernière préconise l’éducation civique de la population, l’élaboration du calendrier électoral ainsi que l’observation le jour des scrutins. 

La majorité des Congolais reste sur ses gardes depuis que le parti au pouvoir, Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), par le biais de son secrétaire Général Augustin KABUYA a posé un impératif du recensement des citoyens comme condition sine qua non des élections à venir. 

Cette demande est perçue depuis, comme une tentative pour cautionner un glissement de l’actuel président de la République. Avec un budget de près de 7 milliards de dollars américains, les opposants en RDC restent sceptiques quant au délai et aux moyens à allouer à cet exercice constitutionnel qui précède normalement les élections générales au pays : « avec un dépassement budgétaire de plus de 100% pour les seules institutions politiques  autour de la Présidence de la République, avec la requalification de la majorité autour de l’actuel Chef de l’État qui en a consommé d’autres sous le label de l’union sacrée, avec des détournements qui deviennent monnaies courantes, il convient de se poser des questions sur la tenue de prochaines  élections. Nous estimons que le peuple doit se prendre en charge » a alerté son électorat, jeudi 05 mars 2021, le Député Jean-Baptiste KASEKWA, membre du parti Engagement Citoyen pour le Développement (ECIDé) de l’Opposant au Régime de Félix TSHISEKEDI, Martin FAYULU MADIDI 

« Au moment du referendum de 2005, en vue des élections de 2006, cet exercice prévu par la loi suprême de la RDC avait été systématiquement oublié. Ledit exercice a fait l’objet d’un bain de sang quand des populations ont contesté entre juillet 2015 et septembre 2016 le dépassement du  deuxième et dernier mandat de l’ancien Président Joseph KABILA, qui tentait de conditionner la tenue des élections par le recensement général. Les tractations ont tout de même réussi à lui faire gagner un glissement de deux ans au-delà de son mandat » se souvient le Professeur Kennedy KIHANGI BINDU, analyste indépendant et Enseignant au sein de Plusieurs Universités en Afrique et en Europe 

Ce glissement presque volontaire a aussi été constaté avant la tenue des scrutins de 2006 au sortir du Dialogue de SUN CITY. Le dernier recensement général de la population en RDC date de 1984,  pendant le régime de l’ancien Président MOBUTU SESESEKO. Des experts en démographie se plaignent à ce jour de la difficulté à conserver ces données non numérisées et de la montée exponentielle de la population estimée maintenant à plus de 70 millions d’habitants. 

Une autre question qui fait débat, est celle de la réforme de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). L’opposition propose que cette institution d’appui à la démocratie ne soit plus composée d’acteurs politiques, pour éviter selon elle, que la fraude électorale qui aurait émaillé les élections de 2006, 2011 et 2018 ne soit plus constatée.  

Elle veut que les seuls membres de la société civile tiennent le bâton de commandement et que les politiques les accompagnent comme membres de l’Assemblée plénière. L’année dernière, cette question a suscité une autre manifestation populaire, en plein confinement du pays, lorsque 5 sur 8 confessions Religieuses ont entériné sans la CENCO, l’Église du Christ au Congo (ECC) la candidature de Ronsard MALONDA, membre du bureau de la CENI sortant, à la Présidence de cette institution. 

 

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