Mauritanie-Sénégal : un bon exemple de coopération sud-sud 

Mauritanie-Sénégal : un bon exemple de coopération sud-sud 

Mauritanie-Sénégal : un bon exemple de coopération sud-sud 

/ POLITIQUE / Tuesday, 13 July 2021 16:50

Par Sneiba Mohamed  

Le président sénégalais MackySall a entamé lundi 12 juillet 2021 une visite de travail de deux jours en Mauritanie. Accompagné d’une forte délégation à tendance économique, il est venu échanger avec son homologue mauritanien, Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, au moment où les sociétés BP et KosmosEnergy parlent d'un éventuel report, pour cause de persistance de la pandémie du Covid-19 et de l’exploitation du gaz du projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA) découvert en 2015 sur la frontière maritime entre les deux pays. Un gisement qui devrait faire entrer les deux pays dans le club très envié des pays producteurs de pétrole et de gaz avec de précieuses ressources financières devant financer les programmes de développement initiés par les deux présidents : le programme Sénégal Émergent (PSE) de MackySall, et « Taahoudati » (Mes Engagements) de Mohamed Ould Cheikh Ghazouani. 

En matière de coopération sud-sud, la Mauritanie et le Sénégal donnent le bon exemple, malgré quelques frictions, comme les événements de 1989, qui ont failli faire éclater la guerre entre les deux pays. 

Cette bonne coopération est également présente, dans le domaine hydroagricole, avec la création, en 1972, avec le Mali, de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (Omvs) dans laquelle figure, depuis 2006, la Guinée Conakry. Elle se renforcera avec la construction sur le fleuve d’un pont financé par la Banque africaine de développement (BAD) à hauteur de 88 millions d’euros. Cette infrastructure devrait fluidifier, dans deux ans, la circulation des biens et des personnes entre les deux pays, assurée jusqu’à ce jour par deux bacs don de l’Allemagne à la Mauritanie. Beaucoup, comme le Maroc, considèrent ce pont comme le chaînon manquant de la Transsaharienne devant reliée l’Europe à l’Afrique subsaharienne. 

Concernant le gaz, British Petroleum (BP) avait annoncé, pour la deuxième moitié de 2023, le début de la production du gaz du gisement mauritano-sénégalais de Grand Tortue Ahmeyim (GTA). Initialement prévue pour 2021, l’exploitation effective de GTA a été retardée de deux ans à cause de la pandémie du coronavirus (Covid-19). 

Le gisement Grand Tortue Ahmeyim, découvert le 27 avril 2015 dans le bloc 8 du bassin côtier, peut être qualifié, à plus d’un titre de cadeau divin. Il s’agit d’une des rares perles géologiques découvertes cette décade. Sa réserve potentielle est de l’ordre de 100 TCF, ce qui est énorme. Il sera développé de manière séquentielle en trois phases avec un budget de développement d’environ 24 milliards de dollars américains pour produire 10 millions de tonnes par an (MTPA). Le revenu estimé pendant la durée d’exploitation (20 ans) est de l’ordre de 90 milliards de dollars. 

Avec l’OMVS, le cadre est on ne peut plus encourageant, la devise de l’Organisation « un fleuve, quatre pays » exprimant la volonté d’intégration affichée par ces États qui ont tout en partage (eau, électricité, navigation fluviale, barrages, etc.) et qui prennent leur décision par consensus. Parce que, avec les conventions mises en place au fil du temps, la gestion de cette organisation sous régionale dont l’apport économique 

aux populations des quatre pays n’est plus à démontrer. 

 

 

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