Coups d’état en Guinée : la CEDEAO condamne

Coups d’état en Guinée : la CEDEAO condamne

Coups d’état en Guinée : la CEDEAO condamne

/ POLITIQUE / Wednesday, 08 September 2021 12:05
source photo: senego.com

 
 Par Sneiba Mohamed

La déposition du président guinéen Alpha Condé est vivement dénoncée, comme attendu, par la communauté internationale. Mais c’est le communiqué de la Communauté économiques des états de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) qui dégage la plus grande fermeté contre le putsch du colonel Amady Doumbiya, le chef des Forces Spéciales qui s’est emparé du pouvoir en Guinée dimanche dernier.

 

« La CEDEAO note avec grande préoccupation les récents développements politiques survenu à Conakry, République de Guinée. Elle condamne avec la plus grande fermeté cette tentative de coup d’Etat de ce dimanche 5 Septembre 2021. »

Le communiqué publié par cette organisation sous-régionale comprenant 15 membres, dont la Guinée, « exige le respect de l’intégrité physique du Président de la République, le Professeur Alpha Condé et sa libération immédiate et sans condition ainsi que celle de toutes les personnalités arrêtées. »

« Elle exige également le retour à l’ordre constitutionnel sous peine de sanctions », poursuit le communiqué dont  la copie est parvenue à « Œil de l’Humanité ».

La CEDEAO réaffirme sa désapprobation de tout changement politique anticonstitutionnel.

Elle demande aux forces de défense et de sécurité de demeurer dans une posture républicaine et exprime sa solidarité envers le peuple et le Gouvernement Guinéens.

L’organisation sous régionale ne fait pas que répondre à une condamnation de principe. Alors que son émissaire au Mali, l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan arrive à Bamako pour voir l’état d’avancement d'une transition mise à rude épreuve par le second coup d’état du colonel Assimi Goita, la CEDEAO doit se battre maintenant sur un autre front pour le retour à la légalité. Car, la Guinée aussi aura probablement sa « transition démocratique ». 

Le coup d’état contre le président Alpha Condé, 83 ans, n'est certes pas encore consommé. Mais il semble que la Guinée Conakry qui compte parmi les pays les plus pauvres au monde, malgré d'immenses richesses minières et hydriques va bien inscrire son nom sur la liste des pays qui ont renoué avec l’instabilité politique, après le Mali, le Tchad et, dans une certaine mesure, la Tunisie. Et la succession est ouverte...

Le silence de la communauté internationale sur le retour aux régimes d’exception est bien la première cause de la régression démocratique, la renonciation au principe né du Discours de la Baule du 20 juin 1990, qui replonge l’Afrique dans la pensée retorse des coups d'État « rectificateurs » et de la Nation « à sauver ». L’explication a contrario mettant en cause un régime à la dérive, comme le fut sans doute celui d’Alpha Condé qui n'a pas visiblement pas appris de ses longues années d’opposition, est de circonstance. Elle ne saurait donner raison à des militaires dont le rôle est d’essence apolitique. 

Il reste qu’il faut maintenant attendre que passe l’orage pour comprendre les véritables intentions de la junte militaire qui s’est installée dans le palais présidentiel de Conakry. Le scénario attendu est que les putschistes affermissent leur pouvoir, en obligeant la classe politique guinéenne, notamment celle qui composait l’entourage du président Alpha Condé, à faire allégeance aux nouveaux maîtres de Conakry. L’opposition croit, elle, que le putsch est un moindre mal parce qu’il permet de rebattre les cartes, quand l’ancien président avait « forcé » un troisième mandat et poussé ses principaux opposants à ronger leur frein. Reste à voir maintenant quel sera le dénouement politique de cette nouvelle crise en Guinée.

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