La lutte Sénégalaise

La lutte Sénégalaise

La lutte Sénégalaise

/ SOCIETE / Monday, 10 May 2021 19:44
source photo: RFI
 
Par Moussa Diallo 

La lutte est le sport le plus populaire au Sénégal. Les jeunes constituent 52 % de la population qui s’adonne à cette pratique sportive. Jadis, elle était pratiquée en semi-nocturne dans de grands espaces environnant les villages. Le « mbapatte » était une forme de lutte sans grande rémunération, mais attirait beaucoup de monde grâce aux danses endiablées des lutteurs, torse nu scandant leur victoire avant les combats. Cette forme de lutte regroupait plusieurs tournois de lutte pour un seul vainqueur. Les techniques déployées pour terrasser son adversaire étaient inimaginables. Alors, le Sénégal a connu de grands noms (Falaye Baldé, Doubble Lless, Manga II, Moustapha Gueye, Boye Bamabra).

De nos jours, le « mbapptte » est toujours pratiqué dans les régions du centre et en Casamance, mais il a perdu de sa popularité avec l’avènement de Tyson Mohamed Ndao. Selon lui, «  le lutteur doit vivre des revenus qu’il gagne. Point de lutte pour le simple plaisir ». La forme de lutte a ainsi changé et les cachets des lutteurs sont devenus importants. Les promoteurs se bousculent et entrent en compétition pour organiser les grands combats à coups de millions. Depuis 2000, les cachets ont doublé ainsi que les promoteurs. Mais à partir de 2014, les choses ont commencé à se compliquer pour eux et pour les lutteurs.

D’où provient l’argent des promoteurs ? 

Il n’est pas hasardeux de se demander si ce ne sont pas les banques d’investissement, qui sont derrière les promoteurs. Tout compte fait, la lutte attire beaucoup de monde. Les rentrées de stade produisent énormément d’argent et ont fait beaucoup d’heureux dans les familles de lutteurs. Après beaucoup de succès, Mohamed Ndao Tyson se vit terrasser par de grands athlètes. Plus les années passent, plus les promoteurs commencent à s’inquiéter pour l’avenir de la lutte avec frappe. Apparemment, les sources de rentrées d’argent sont taries. Le nombre de grands combats dans l’année diminue (deux par saison) alors que les écoles de lutte ont vu le jour pour aider à résorber le taux de chômage. Cela n’a pas eu les résultats escomptés, les terrains d’entrainements se raréfient.

Les sponsors ont-ils lâché les promoteurs ? 

Autrefois, beaucoup de sponsors s’intéressaient à la lutte, car c’est un moyen efficace pour vendre des images et faire du marketing. Après quelques années de présence dans l’arène, les sponsors sont de moins en moins présents. Ils étaient chargés pour la plupart de faire une contribution par rapport au montant des cachets. Les télédiffuseurs considérant les pertes ont aussi arrêté de montrer les combats. C’est sur internet que les rares promoteurs se focalisent pour assurer les rentrées d’argent en collaboration avec les entreprises de télécommunications.

Le sponsor était un produit de l’entreprise, la rentabilité est un facteur à surveiller quotidiennement .Les écarts entre résultats escomptés en rapport avec les charges sont énormes. Cela faisait couler les entreprises 

Quelle est la structure chargée de représenter l’État dans l’organisation administrative des combats ? 

Le CNG de lutte (comité nation de gestion de la lutte créé le 21 mars 1994) est comme une fédération chargée du pilotage de la lutte sénégalaise pour être plus compétitive dans le monde. Tous les combats sont organisés avec l’approbation du comité qui veille sur la situation administrative des lutteurs, sur leurs conditions de participation aux tournois de lutte à travers l’Afrique et le monde.

Le Coronavirus, un ennemi hors pair qui se met sur la route des promoteurs et les met dans de mauvaises postures. Les arènes se ferment, il n’y a plus de possibilité d’organiser des combats.

Les stades sont ouverts depuis trois semaines. Les distanciations sociales remettent en cause la présence des supporteurs qui explique certaines rentrées d’argent. L’histoire de la lutte sénégalaise a connu beaucoup de champions( Modou Lô, Emmeu Séne, , Balla Gueye II etc.) 

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