Démocratie, droits de l’homme et développement : Les causes objectives du retard de l’Afrique

Démocratie, droits de l’homme et développement : Les causes objectives du retard de l’Afrique

Démocratie, droits de l’homme et développement : Les causes objectives du retard de l’Afrique

/ SOCIETE / Friday, 28 May 2021 17:18
source photo: https://lencrenoir.com/
 
Par Sneiba Mohamed

En ce premier quart du 21ème siècle, l’Afrique ne parvient pas encore à retrouver ses marques en ce qui concerne le triptyque « démocratie, développement et droit de l’homme ». Les propositions pour y parvenir sont pourtant nombreuses, émanant de penseurs et d’intellectuels de renom. Nous nous proposons, dans cet aperçu, de reprendre les points saillants de celle du Dr EvodeTwagirayezu.

 

Il est évident que si la démocratie est une aspiration pour l’écrasante majorité des Africains. Citant un politicien africain qui s’est exprimé sur le sujet en 2008, EvodeTwagirayezu rapporte : «Nous sommes profondément des démocrates, donc des gens qui croient à la démocratie, une démocratie qui libère l'homme, une démocratie qui doit se vivre, pas une démocratie formelle basée uniquement sur les élections mais une démocratie qui se vit à la base, une démocratie qui permet l'égalité des chances pour tout le monde. »

Mais sa pratique saine nécessite des prérequis qui manquent encore cruellement : « On ne pourra pas parler de démocratie réelle si les gens n’ont pas de quoi manger, si les gens ne se soignent pas correctement, donc une démocratie qui rend digne les populations, le citoyen; une démocratie qui permettra  la reconstruction et le développement socio-économique intégral de nos pays africains dans la dignité et l’équité.»

Ces prérequis dont la réalisation est indispensable dans tout pays sont énuméré de la manière suivante par EvodeTwagirayezu : « une démocratie saine et durable inclusive et participative » ; une corrélation évidente entre « démocratie et droits humains » qui « riment toujours avec le développement des peuples et des nations »; la conscience que « l’ethnocentrisme  ou  le vagabondage politique » sont, à l’évidence, « une gangrène pour l’édification d’une société digne » ; que « l’espoir d’un pays repose sur ses potentialités humaines créatrices »…

Le vœu, « l’espoir des populations des pays comme le Burundi, le Rwanda et la RD Congo repose sur l’écoute attentive des voix solidaires  criant halte à leurs  misères », affirme Dr EvodeTwagirayezu dans ce qui est un cri du cœur de tout Africain aspirant à un avenir radieux pour l’ensemble des pays du Continent.

« L’Ouverture sur l'espoir » dont il est question dans cette étude tient en un constat : «En Afrique, la démocratie et le développement sont jusqu’ici loin d’être une réalité. » Depuis l’injonction mitterrandienne de La Baule (20 juin 1990), l’on se contente d’une démocratie formelle, se refusant à actionner les leviers permettant, véritablement, « l’avènement d’Etats de droit et de régimes démocratiques » garantissant la dignité du citoyen; en favorisant « l’émergence de mouvements associatifs et coopératifs  populaires appuyés par la microfinance » et capable d’agir, activement, dans la dynamique socioéconomique engagée pour réduire la pauvreté au sein de la population et, sur le plan culturel,  « en assurant une éducation digne aux enfants, jeunes et adultes surtout  ceux qui ont subi les aléas des crises politico-militaires, afin qu’ils puissent parachever leurs cursus scolaire et académique et en mettant en œuvre  le principe de l’éducation pour tous édicté par l’Unesco».

Une démocratie à la mesure de l’Afrique

Le constat est sans équivoque : le nouvel ordre mondial, dit mondialisation, ne fait pas la part belle à l’Afrique parce qu’elle ne prend pas part à l’établissement des Règles régissant son fonctionnement suivant un rapport de force militaro-économique nettement à son désavantage. La priorité devra donc être accordée au rehaussement progressif des « capacités technologiques de développement socio-économiques pour une juste concurrence sur le marché mondial. »

La coopération Nord-Sud « devraient plutôt s’investir dans l’octroi des capacités aux pays en développement afin de bénéficier  de partenaires forts, viables et durables. » Un humanisme économique qui fait défaut aujourd’hui à des relations internationales se refusant à des échanges « gagnant-gagnant ». Les handicaps d’un tel essor ne sont pourtant pas tous à mettre sur le dos d’un Occident aux commandes de toutes les institutions financières internationales ; ils sont à rechercher, aussi du côté des pays africains où les dirigeants, souvent arrivés au pouvoir par des voies détournées (coup d’Etat, élections truquées, compromissions, etc.), acceptent, pour durer les conditions drastiques des bailleurs de fonds et/ou des institutions internationales financières.

Ces compromis – ou compromissions – finiront bien un jour, parce que, « d’aucuns considèrent que la démocratie revêt une valeur universelle et qu’elle ne se décrète pas. »

Devenant, de plus en plus, une revendication des peuples, elle chemine en tant que processus qui arrivera bien un jour à maturité.

Please publish modules in offcanvas position.