Rwanda : L’homosexualité : absence de persécution mais une ignorance culturelle et même juridique

Rwanda : L’homosexualité : absence de persécution mais une ignorance culturelle et même juridique

Rwanda : L’homosexualité : absence de persécution mais une ignorance culturelle et même juridique

/ SOCIETE / Friday, 06 August 2021 15:11

source photo: BBC

Par Kamali Fulgence

Ce n’est pas facile d’être homosexuel au Rwanda, selon Mr Dynamo NDACYAYISENGA, spécialiste en Psychologie Clinique, car la société les stigmatise.

Pour Mr Dynamo, la société rwandaise a une opinion défavorable envers ceux qui manifestent des « comportements non conformes » à leur sexe biologique. Il y a, par exemple, une panoplie de noms péjoratifs pour les désigner :  Cyabakobwa (celui qui se comporte comme des filles alors qu’il est de sexe masculin) ou Igishegabo (celle qui se comporte comme un homme).

Bien que les homosexuels ne soient pas persécutés par l’administration publique, ni interdit par la loi rwandaise, la stigmatisation existe au sein de la communauté. Un jugement de la part de la population, de l’administration religieuse souvent implicite mais toujours présent inspire la honte, la crainte et même la dépression chez les personnes sujettes à ce jugement. A cela s’ajoute une ignorance systématique de l’homosexualité aux niveaux culturel et juridique.

La culture rwandaise semble ignorer totalement l’homosexualité, ce qui explique le manque de références au sein de la littérature rwandaise et des mœurs rwandaises. Il est inconcevable, par exemple, que dans le mariage traditionnel tel qu’il est connu aujourd’hui, qu’une famille aille demander la main d’une personne de même sexe et accorde une dot à la famille de la mariée ou du marié ; le mariage étant considéré comme une union sacrée entre un homme et une femme.

La constitution rwandaise établit dans ses articles 15 et 16, l’égalité de tous les citoyens rwandais devant la loi et prohibe toute discrimination fondée sur l’ethnie, la famille ou l’ascendance, le clan, la couleur de la peau ou la race, le sexe, la région, les catégories économiques, la religion ou croyance, l’opinion, la fortune, la différence de culture, la langue, la situation économique, la déficience physique ou mentale ou sur toute autre forme de discrimination. L’article 17 reconnaît seulement le mariage civil monogamique contracté librement entre un homme et une femme. Le Code civil rwandais de 2016 renvoie indirectement à l’union entre un homme et une femme, dans la « procédure de célébration du mariage » (article 177).

Les textes juridiques concernant la famille sont sans équivoque. L'article 44 de la loi n ° 32/2016 du 28/08/2016 régissant personnes et famille définit le sexe comme l’état d'être homme ou femme et dispose que le sexe d'une personne est celui enregistré dans son acte de naissance.

Il faut rappeler que l’ancien Code pénal rwandais de 1977 punissait d’une peine de prison ou d’une amende « un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe âgé de moins de dix-huit ans », alors que l’âge légal pour des rapports hétérosexuels était de seize ans. Du reste, l’ancien Code pénal ne faisait aucune référence à l’homosexualité.

 

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