Rwanda: vers une intégration holistique des services de santé mentale

Rwanda: vers une intégration holistique des services de santé mentale

Rwanda: vers une intégration holistique des services de santé mentale

/ SOCIETE / Tuesday, 12 October 2021 12:31
source photo: rfi

 Par KAMALI Fulgence

La célébration de la Journée Internationale  de la santé mentale ce 10 octobre 2021, sera l'occasion pour le Rwanda de sensibiliser la population aux défis liés à la santé mentale en général, atténuer la stigmatisation associée aux problèmes de santé mentale tout en menant un plaidoyer pour le soutien de différents partenaires en vue d’une intégration holistique des services de santé mentale. 

 

Plus spécialement, le Rwanda concentre cette année sa campagne de sensibilisation sur les adolescents et les jeunes pour attirer plus d'attention sur les problèmes mentaux auxquels ils sont confrontés aujourd'hui.

 

Le secteur de la santé au Rwanda se concentre notamment sur la façon de briser les cycles d'abus sexuels, de violence et de toxicomanie, et donc contribuer de manière significative à sortir la santé mentale de l'ombre, tout en augmentant la demande des services de santé mentale par la population rwandaise. Un programme national et un budget alloué à la santé mentale a été mis en place, des services spécialisés et des unités décentralisées, la santé mentale est intégrée dans les soins de santé primaires et les maladies mentales sont prises en charge par les mutuelles de santé souligne le Dr Yvonne Kayiteshonga, cheffe de division santé mentale au centre Biomedical Rwandais.

 

Il est à noter que le génocide de 1994 contre les Tutsis a non seulement fait plus d'un million de morts, mais a également laissé de larges segments de Rwandais, y compris des jeunes, avec de graves problèmes de santé mentale. À ce jour, les effets du génocide, 27 ans plus tard, contribuent toujours à un fardeau massif de cas de trouble de stress post-traumatique (SSPT) qui persistent chez les personnes âgées et se répercutent sur les jeunes qui sont souvent pris en charge par ces adultes eux-mêmes souffrant de troubles mentaux.

 

Le nombre de suicides et de toxicomanie augmente régulièrement et les jeunes se sentent seuls. Les jeunes sont à l'âge où des maladies mentales peuvent survenir et pourtant on ne leur apprend que peu ou rien sur la santé mentale.

 

L'épidémie de COVID-19 a eu un impact sur la santé mentale des Rwandais et des peuples du monde en général, d'autant plus qu'elle leur a ordonné de changer de vie en les obligeant à ne pas communiquer avec les autres comme ils en avaient l'habitude. 

 

Le Rwanda veut à cette occasion sensibiliser à l'importance de la santé mentale et du bien-être des parents et des soignants, en particulier dans le contexte de la COVID-19, afin que les enfants aient les relations aimantes, stimulantes, enrichissantes, sûres et encourageantes dont ils ont besoin pour s'épanouir, surtout dans les premiers temps années de vie.

 

« Il faut en plus encourager la mise en œuvre de stratégies pour réduire la stigmatisation et la discrimination associées au fait d'être un consommateur de services de santé mentale, de toxicomanie et de prévention du suicide, en particulier chez les jeunes et responsabiliser les parents, les familles et les éducateurs sur les mesures de prévention, la reconnaissance précoce des symptômes de détresse chez les adolescents pour se référer au service de la santé mentale. » Le Directeur chargé des soins de santé mentale a RBC Dr Jean Damascene.

 

Une approche intégrée est mise en place pour répondre de manière holistique à l'accessibilité limitée au service de la santé mentale à tous les niveaux de la société depuis le domicile, les écoles, le réseau de transports, l'environnement de travail, les centres de soins primaires, les services de santé mentale et les hôpitaux généraux.

 

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