« Diversité créative » : Quelle place pour l’Afrique Noire dans la « Mémoire du Monde ? »  

« Diversité créative » : Quelle place pour l’Afrique Noire dans la « Mémoire du Monde ? »  

« Diversité créative » : Quelle place pour l’Afrique Noire dans la « Mémoire du Monde ? »  

/ SOCIETE / Wednesday, 13 October 2021 11:42

Par Dr Jean MUKIMBIRI, ancien point focal Unesco pour son pays 

Quelles stratégies de communication pour l’Afrique noire, par ces temps de toutes les transitions, les unes plus cruciales ou plus crucifiantes que les autres ? Pour quelques éléments de la réponse, fondamentale s’il en est, inspirons-nous de l’expertise de l’organe intellectuel, éthique et de veille stratégique que se trouve être l’Unesco : Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture. Précisons, fort opportunément, que les domaines de compétence de cette agence de l’ONU incluent l’Information et l’Informatique, bref, la Communication entendue dans la plus grande extension sémantique du vocable de communication.   

Pour l’élaboration de toute stratégie, et donc aussi de la stratégie de communication pour notre Afrique noire, invitons les décideurs à puiser, à pleines mains, dans les documents théoriques et stratégiques de l’Unesco en la matière. Puiser, mais pour se réapproprier, pour adapter une panoplie de stratégies à potentielle valeur - ou de possible application - universelle… Le tout premier axe paradigmatique se trouve être : « Notre diversité créatrice. Rapport de la Commission mondiale de la culture et du développement, qui a paru à Paris, Unesco, 1996. »         

La problématique spécifique de l’information et de la communication est de celles « qui doivent être posées dans le cadre de la réflexion sur la culture et le développement », pour l’entrée dans la matière des DEFIS D’UN MONDE MEDIATISE :                                                                                                                                                              

« L’information, ou plus précisément, le fait d’être informé, peut être à la fois un bien et un mal. Nous avons soif d’informations toujours plus nombreuses ; mais nous nous sentons en même temps submergés, envahis et privés de tout moyen de contrôle ; l’impact à l’avenir est de faire en sorte que le véritable destinataire reste maître du résultat. C’est le consommateur, - et non quelque expert en technologie – qui doit demeurer seul juge de la demande et de la consommation dans le monde médiatisé qui est en train de naître. » 

La « médiasphère », que nous habitons désormais, exige, pour notre Afrique Noire, de surcroît par ces temps de toutes les transitions, authentiquement ou prétendument démocratiques, l’élaboration de plans et de stratégies d’information et de communication qui prennent en compte le rapport, essentiel, entre culture et développement. Dans la perspective de l’approche ainsi définie, « Notre diversité créatrice » propose, pour une compréhension raisonnée, les six axes ci-après : 1. L’information peut être un bien. 2. L’information peut être un mal. 3. Quelles réponses aux questions soulevées ? 4. Principes de travail. 5. Le droit d’auteur et les droits voisins. 6. La dimension éthique. 

L’information peut être un bien. 

L’information peut être un bien. Du seul fait d’avoir aboli les distances, la « nouvelle médiasphère » élargit les possibilités de choix. L’information est en cela le moteur de l’économie mondiale. De là vient la nécessité, pour notre Afrique noire, de promouvoir l’investissement, par l’identification d’investisseurs à la fois intéressants et intéressés, par la collecte de matériel publicitaire à l’intention d’investisseurs relevant des juridictions de nos Ambassades, par la disponibilisation des données de base sur l’investissement en Afrique, par l’élaboration de rapports réguliers sur les contacts menés dans le cadre des présentes orientations. 

L’ouverture infinie à l’image et au son dans le monde, donne, à l’espace télématique, d’échapper aux juridictions nationales, elle favorise « la coopération intellectuelle, l’« échange, ainsi que le partage des données et de l’expérience. » Sur ce plan précis : « L’espace télématique (…) élargit, en plus, l’accès aux services éducatifs. » Mais il n’y a pas que cela. Pensons aussi à la créativité que rend possible l’information. La liberté et l’universalisation de la circulation de l’information favorisent, sans nul doute, « l’apparition de services inédits et de plus en plus diversifiés » et, par ce biais, une certaine créativité, voire une créativité certaine. La lecture, ici, de travaux de recherche, constituerait un des axes de notre intérêt et de notre motivation. 

Vitrines de nos pays, les sites webs de nos Ambassades respectives consisteraient dans un de ces réseaux destinés aussi bien au grand public qu’à un public restreint (narrowcasting), un réseau à la fois interactif et éducatif. Sur un plan particulier, « le multimédia élargit encore un peu plus les horizons de la créativité artistique et intellectuelle puisque, inspirés par les nouvelles techniques, des esprits imaginatifs ont inventé l’art vidéo, l’holographie, et la réalité virtuelle (…), les images électroniques remplacent aujourd’hui les moyens traditionnels d’enregistrer et de transmettre la mémoire. Ces applications de la technologie sont un bien pour l’humanité. »  

De la même manière, « les médias modernes contribuent (…) à développer, à travers le monde, un sentiment de solidarité sans lequel aucune éthique universelle ne pourrait exister. Les images de souffrance diffusées par les médias ont incité les téléspectateurs à manifester leur sympathie et leur solidarité à des personnes vivant en des endroits éloignés en contribuant aux efforts pour leur porter secours et en demandant aux gouvernements de se justifier et d’agir. »  Je songe, par exemple, au génocide qui a été perpétré contre les Tutsis du Rwanda, ce méga-contentieux dans lequel la France vient de reconnaître sa pleine responsabilité. L’on aura compris que l’information peut donc être un bien. Mais l’on ne doit pas s’en voiler la face : l’information peut aussi être un mal.  

L’information peut être un mal. 

Pour une stratégie conséquente, sur le plan de l’information et de la communication, en faveur de nos pays, il convient de se rendre à l’évidence d’un certain nombre de constats. La liste de ces constats n’en est pas exhaustive, ou limitative ; elle en est juste indicative. Telle qu’elle paraît dans « Notre diversité créatrice », l’information laisse voir que bien des « gens continuent encore de ne pouvoir s’exprimer ou être entendus. »  La situation est généralement énoncée, et dénoncée, d’une certaine « hégémonie culturelle », voire d’une certaine « homogénéisation culturelle. » Le défi sera, autant que faire se peut, de faire entendre notre voix dans la partition inégalitaire de la « nouvelle médiasphère », à travers toute la panoplie des canaux ou des supports de communication possibles. 

Le deuxième défi à relever sera de lutter contre l’aspiration des Noirs africains à des « espérances impossibles à satisfaire », que « suscitent » les médias des « nantis », chez les « plus défavorisés », en référence aux « styles de vie » et aux « modes d’expression. » Moins négativement, ou plus positivement, interpellons nos congénères Noirs africains en vue de lutter pour une créativité sui generis, dans la « Diversité créatrice. » Nous n’entendons pas, ici, revenir sur la question du « Nouvel ordre mondial de l’information », qui se posait voilà plus de trois décennies, question à laquelle, au moins en partie, l’Unesco aura apporté sa réponse, à travers la nouvelle stratégie de la communication, qui a été adoptée à l’unanimité, en 1989. Face à l’offensive des puissants médias occidentaux dans l’information et dans la communication, force est d’opposer des informations idoines émanant de nos pays, par un travail en synergie. 

Parlant du mal que peut receler l’information, on ne peut faire l’impasse sur la violence des médias. Même sans l’appliquer au cas spécifique, voire singulier de l’Afrique noire, le mot du réalisateur de cinéma britannique, David PUTTNAM, interpelle, sur la « gravité des problèmes » que soulève le « contenu des médias », à propos du monde entier, et non seulement dans les « sociétés traditionnelles. » La « violence gratuite et la pornographie sont partout omniprésentes » ; « elles heurtent la sensibilité. « Quelqu’un doit dire ‘’Assez’’ parce que, si cela continue, nous allons nous détruire. C’est le tissu de notre société que nous sommes en train de défaire. » Le questionnement en interpelle notre Afrique noire, plus encore, peut-être, ou sans doute, qu’aucun autre coin du globe.  

Sur la violence des médias, le Rapport sur « Notre diversité créatrice» rappelle d’autres cas du genre : « Les techniques télématiques modernes peuvent également être utilisées à des fins odieuses, comme le font, en Amérique du Nord, des groupes d’incitation à la haine qui propagent leurs messages racistes par tous les moyens disponibles. Fer de lance d’un vaste réseau de communication, près de 250 d’entre eux », au début des années 1990 déjà, étaient « en train d’expérimenter de nouvelles façons de répandre la haine, de diffuser leur appel à créer une nation blanche et d’affirmer leur besoin de vivre séparés des autres. Aux Etats-Unis, une législation visant à combattre l’incitation à la violence et à la pornographie sur le réseau Internet a été votée au début de l’année 1995. » Deux décennies après, l’accès, au pouvoir, de Donald TRUMP, aura démontré que nous ne sommes pas encore sortis de l’ornière. 

C’est peut-être ici le lieu de signaler aussi les émissions sur YouTube qui, elles, sont plus intéressantes et plus attrayantes, - car en audio et en visuel -, renforcées, de surcroît, par la technologie photo shop. Celle-ci permet de coller côte à côte les images et, parfois, de les déformer comme on veut, pour « influencer les regardeurs », selon le mot humoristique que certains attribuent aux Flamands. 

Quelles réponses aux questions soulevées ? 

Le Rapport mondial de la culture et du développement, Notre diversité créatrice, pose des questions : « Mais qui osera dire ‘’c’en est assez et quand ?’’ Comment trouver le juste équilibre entre liberté d’expression souhaitable et licence inacceptable ? Le Rapport en objet pose encore d’autres questions, sur lesquelles nous reviendrons. Nous avons déjà suggestivement indiqué l’horizon de sens des réponses à certains des questionnements. On ne s’y appesantira peut-être pas assez, tant les enjeux sont d’ordre tout majeur.                                                                                                                                                              

Insistons : « Mais qui osera dire ‘’c’en est assez et quand ?’’ » Face à la radicalité de situations de génocide, par exemple, et face à d’autres crimes contre l’humanité, pour ne se limiter qu’à cela, force sera de sortir d’un mutisme complice, pour parler, au nom des valeurs de la vie, ou de la survie. Réinsistons : « Comment trouver le juste équilibre entre liberté d’expression souhaitable et licence inacceptable ? » C’est un impératif, catégorique dirions-nous après Emmanuel KANT, d’interroger les maîtres, dans l’éthique de la discipline, pour y accorder les spécificités de chaque cas. Le partage d’informations dans nos pays se ferait, pour leur répercussion et pour leur régulation à l’intérieur.                                                                                                                              

Et comment assurer une communication qui soit véritablement culturelle, humaine ? Nous avons, plus haut, parlé de coopération intellectuelle. C’est, en effet, « la communication humaine (…) qui irrigue et motive toutes les entreprises humaines, aujourd’hui comme aux premiers temps de la vie sociale », avise Erskine CHILDERS.  La métaphore de l’irrigation est d’autant plus éloquente que les outils de la communication, aujourd’hui, livrent « instantanément accès, dans le monde entier, (…) à la totalité du savoir humain », renchérit Michael SPINDLER.  Le Rapport de l’Unesco est ici encore plus formel : « En ce sens, la communication est, sous toutes ses formes, de la plus simple à la plus évoluée, la clef d’un développement centré sur l’être humain. »  

Voilà qui arracherait aux plus sceptiques, s’il en était encore, leur assentiment, pour l’inscription de la problématique spécifique de l’information et de la communication dans la problématique générique du rapport de la culture au développement. Persistons : « La communication est, sous toutes ses formes, de la plus simple à la plus évoluée, la clef d’un développement centré sur l’être humain. » Dans ce sens précis, il peut être dit, par exemple, que les « journaux ruraux sont peut-être plus importants que les autoroutes de l’information. » La stratégie de l’information et de la communication, dans notre Afrique noire, se devrait de tenir compte de ce principe, premier s’il en est, ou de cette valeur, première entre toutes : « L’homme est la mesure et la fin du développement. » 

D’une manière tout à fait générale, les réseaux télématiques, du type Internet, sont sujets à des invasions, à des intrusions de tous genres par des groupes variés. Il importe donc de trouver des mécanismes de protection, si nous ne voulons pas en être noyés.      

Que faire donc, pour intéresser et motiver nos lectorats ? Pour intéresser et motiver un lectorat, il convient, notamment, de diversifier l’information, par le nombre et par la variété de menus qui rencontrent son intérêt et sa motivation. Une fois de plus, face au flux tentaculaire du réseau occidental et mondial d’informations, le risque est là d’être noyé. Nous tenons l’appréhension du fait que l’infrastructure en la matière laisse observer un développement inégal, voire inéquitable, entre le gens du Nord et les gens du Sud. On aura, en filigrane, compris que des principes doivent régir les stratégies de l’information et de la communication pour une Afrique noire encore et toujours en transition, sur les voies de la démocratie et du développement. 

Principes de travail 

Le premier principe est lié aux structures de l’information et de la communication. Ce principe est relatif à la prise en compte de l’environnement concurrentiel dans lequel nous sommes appelés à évoluer. Le second est lié aux contenus. La concurrence en cause appelle, de soi, la nécessité de favoriser la diversité des expressions. Troisième principe : toujours relatif aux contenus. La liberté et la diversité doivent être régulées par certains principes.  

Pour être concret, l’on ne peut, par exemple, tolérer négation, voire révision d’un génocide qui ne fait plus l’objet d’un débat d’identification, ou même, plus simplement, l’on ne peut tolérer pornographie dans nos publications. En corollaire aux normes et aux bornes dont nous nous inspirons, les trois principes susmentionnés ne peuvent être effectifs qu’à une condition : celle de l’équilibre entre équité et efficacité. Retenons un des aspects de cette équité, à savoir le droit d’auteur, avant de revenir sur un autre aspect ; celui de l’éthique, qui intéresse, lui, le troisième principe. 

Le droit d’auteur et les droits voisins 

Qui dit information et communication ne peut sensément se permettre une économie de réflexion sur la législation relative au droit d’auteur et aux droits voisins. Si le contenu de nos publications doit provenir de sources autres que nous, force sera d’en signaler les auteurs. Nous devons nous enquérir des droits à ne pas violer, et veiller à l’engagement de toute citation, partielle ou in extenso. Autant que sur le droit d’auteur et sur les droits voisins, toute notre capacité d’attention doit porter sur la dimension éthique des publications. 

La dimension éthique 

Des messages et des symboles, de tous genres et/ou de tous niveaux, sont aujourd’hui observés sur presque tous supports et sur presque tous canaux de communication. Le Rapport de l’Unesco s’interroge : « Comment garder le juste milieu sans céder à la censure ni heurter les sensibilités ? » Réponse : « Parvenir », en somme, à un juste équilibre entre liberté d’expression et éthique. » C’est que la « mondialisation de l’information ne suscite pas seulement des espoirs », elle suscite « aussi des craintes qui alimentent un débat international de plus en plus vif. Parmi tous les aspects de ce débat, la Commission a choisi de réfléchir plus particulièrement à la question de savoir si les efforts nationaux pour trouver un compromis entre la liberté d’expression et les responsabilités morales pourraient être reflétés au niveau international. »                                                                                                                                                     

Dans ce sens et dans ce cadre, la direction de CNN a déjà reconnu ses responsabilités (…) : « Nous devons donc essayer d’éviter en permanence de montrer des images trop violentes », relève Astrid LINDGREN, qui ajoute : « la pire expression que je connaisse est celle de « violence de divertissement » (…) ? » Puis d’ajouter, la mort quasiment dans l’âme, que cette « pensée fait frémir. » 

Des normes, et donc des bornes, s’imposent : voilà les maîtres-mots. Lisons-les pour, en perspective, explorer les possibilités de leur exploitation, dans la stratégie d’information et de communication de nos pays : « La première étape consisterait à comparer les diverses pratiques normatives nationales, qu’elles aient un caractère réglementaire, volontaire, ou technique, afin de dégager une base pour un débat international. Il faudra aborder de front certains problèmes, ô combien vastes et difficiles : par exemple, les conflits entre les législations nationales existantes (…) Un tel débat d’idées pourrait aider à circonscrire un terrain d’entente possible. » Pourquoi ne pas penser à une rencontre avec toutes les femmes et avec tous les hommes de presse, au départ d’une analyse d’un corpus sur leurs publications ? Articles scientifiques ou de journaux, livres divers, etc. 

Partons d’un constat. L’inquiétude est universellement suscitée, suite à l’invasion des écrans par la violence, mais d’aucuns semblent s’accommoder, par exemple, du fait que révision et négation d’un génocide connu et reconnu trouvent droit de cité dans nombre de médias. Pourtant, dans beaucoup de pays, « les citoyens sont de plus en plus nombreux à penser qu’il est temps de fixer certaines limites » à la violence de la plume, ou de la souris sur ordinateur. Force est de préciser qu’est ici également posée la question de la protection de la vie privée, face aux médias sociaux. 

Stratégie essentielle : Faire figurer l’Afrique noire dans « Mémoire du Monde » 

La conception et la mise en place de moyens de communication de tous ordres et de tous niveaux se doivent d’être conséquentes, pour tenir gagnée la guerre médiatique, ou, à tout le moins, pour en contrer les effets les plus pervers. Si elle ne peut, pour l’heure, mener une guerre médiatique totalement frontale, l’Afrique noire peut, néanmoins, engager, voire gagner des batailles latérales : « Un pas, puis un pas, puis un autre pas, puis encore un autre pas, et tenir gagné chaque pas », dirait Aimé CESAIRE, dans Cahier d’un retour au pays natal. Procédons par rythmes binaires progressifs, à la manière du poète. 

Parallèlement aux inégales batailles frontales en présence, empruntons, entre plusieurs autres, la voie latérale ou la voie royale tracée par l’Unesco, à travers, notamment, son Programme Mémoire du Monde, qui vise « à sensibiliser la communauté internationale à la richesse du patrimoine documentaire, à la nécessité d’assurer sa conservation pour les générations futures et à le rendre accessible à un large public. Il s’est doté pour cela d’un Registre mondial, liste des éléments du patrimoine documentaire identifiés par le Comité consultatif international (CCI) et approuvés par le Directeur général de l'UNESCO. » 

Pour « International Preservation News », dans " Regard sur les priorités du monde / A look at world priorities, en guise de test, j’ai, personnellement, publié un article de petite facture, mais au sujet du phénomène macrosocial ou du méga-contentieux susmentionné : Un exemple de « Mémoire perdue » : An example of lost heritage. Le cas du Rwanda (conséquence du génocide)".  Article paru dans I.P.N., n° 13, décembre 1996.  C’était au lendemain de ma mission, du 1er au 5/6/1996, au titre de Délégué du Rwanda à la 1ère Conférence Internationale de l’UNESCO sur « Mémoire du Monde. » 

Mis en place depuis une génération déjà, « Le Programme Mémoire du Monde » peut tendre la perche aux plus déshérités de la terre, en apportant son aide dans «  l'état de préservation alarmant du patrimoine documentaire et de la précarité de son accès, (…) », de surcroît dans cette Afrique noire où la « guerre et les troubles sociaux, conjugués à une grave pénurie des ressources nécessaires aux activités de préservation et de conservation, ont ajouté à des difficultés vieilles de plusieurs siècles. » 

Plus fondamentalement, « Le Programme Mémoire du Monde » peut, par-delà sa synergie avec le « Programme Unesco » sur « l’Information » et sur « la Communication », promouvoir et accompagner la conception et la mise en place de stratégies des États membres, dans le débat, voire dans le combat pour leur présence à la Table des Nations. Il en est, de cette guerre, comme de celles qui ont justifié le Premier Article de l’Acte Constitutif de l’Unesco : « La guerre prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix, par l’Éducation, par la Science, par la Culture, et par ‘’ l’Information ’’, bref, par « la Communication » dans la plus grande extension sémantique du vocable

Dr Jean MUKIMBIRI 

Ancien Secrétaire Permanent, puis Président statutaire de la Commission Rwandaise pour l’Unesco, Ancien Représentant du Rwanda à l’Unesco, via l’Ambassade du pays à Paris, Actuellement S.G du Réseau International Recherche et Génocide (RESIRG) 

  BIBLIOGRAPHIE                                                                                                                                                                                                      

  1. Unesco. Notre Diversité Créatrice. Rapport de la Commission mondiale de la culture et du développement. Paris, Unesco, 1996. 
  1. Unesco. Changement et continuité. Principes et instruments pour l’approche culturelle du développement. Paris, Unesco, 1999. 
  1.  Rapport de la Commission de gouvernance globale. Our global neighbourhood. Oxford, Oxford University Press, 1995. 
  1. Aurélia Kalisky. Intervention au colloque sur « Les langages de la mémoire : littérature, médias et génocide », colloque tenu à Metz, en France, du 6 au 8 novembre 2003. 
  1. Erskine Childers. ‘’ Communication in popular participation. Empowering people for their own development’’. Communication présentée à l’International Conference on Popular participation in the Recovery and Development Process in Africa. Arusha, (République-Unie de Tanzanie), février 1990.  
  1. Jonathan Fox. Cultural unifications of democracy, empowerment and citizenship.              - Contribution aux travaux de la Commission mondiale de la culture te du développement.                                                                                                                       
  1. Kagan World media, Ldt. Analysis of Mediametric Data. ‘’American hits decline’’. European Television, 30 avril 1995.                                                                                                                                                                 
  1. Vijay menon. Non-violence, tolerance and television. Paris, Unesco, 1994.                                                                     
  1. Extrait d’une déclaration rédigée par Astrid Lindgren, auteur réputé de livres pour enfants.                                                                                                                                       
  1. Seminar on media development and democracy in Latin America and the Caribbean (ONU/PNUD/UNESCO), Santiago (Chili), mai 1994.                                                                                                   
  1. Polet (J.-C.). Mythe de création et création poétique. Louvain-La-Neuve, Éditions du centre d’histoire des religions, 1984.                                                                                                                                                                         
  1. Baar ( M.) et Liemans ( M.). Lire l’essai. Bruxelles,  De Boeck et Duculot, 1999, citant K. Lewin, lui-même rapporté par B.-M. BARTH, Le savoir en construction, p. 13. 
     
  1. Amartya Sen. « Culture, économie et développement », contribution aux travaux de la Commission mondiale sur la culture et le développement, en mai 1995. Voir aussi Mahbub ul Haq. Reflections on human development. New York/oxford, Oxford University Press, 1995.                                                                                                                   
  1. Grand Larousse de la langue française. Dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française. Paris, Ed. Le Robert, 1988.                                                                                                                      
  1. Michael Spindler, Président-directeur général d’Apple Computer, dans le prononcé lors de la réunion annuelle de 1995 du World Economic Forum à Davos, discours qui a été reproduit dans new Perspectives Quarterly, vol. 12, n° 2, printemps 1995.                                                                                             
  1. Dan Goodin. Word 2007 pour les Nuls. Paris, Editions Frst, 2007, p. 2.                                                                  
  1. Defays (J-M). Principes et pratiques de la communication scientifique et technique. Préface d’Arthur Bodson. Bruxelles, Éditions De Boek Université, 2003      

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