Les dictateurs africains s’installent au pouvoir dans les années 70 

Les dictateurs africains s’installent au pouvoir dans les années 70 

Les dictateurs africains s’installent au pouvoir dans les années 70 

/ Tribune Libre / Monday, 14 June 2021 17:16
source photo: http://www.fmliberte.com/

Par Jean Paul HABIMANA, politologue

La majorité espérait que la démocratie et la liberté de la presse gagnent le terrain dans les nouvelles institutions établies en Afrique. Cependant, après les indépendances octroyées aux colonies françaises en 1960, la liberté de la presse disparaît complètement dans le continent noir. Les nouveaux dirigeants qui venaient d’arriver au pouvoir par le canal de la presse, ont fait en sorte que les médias privés disparaissent dans la société, ce qui fait que l’on assiste aux musèlements de la presse. Ils autorisent les radios et les journaux gouvernementaux. Les nouveaux dirigeants ont supprimé la presse privée sous prétexte d’œuvrer collectivement et sans divergence  à la construction d’une nation dans des territoires encore faiblement unifiés. Le journaliste devra absolument œuvrer pour l’ « union nationale »° M S F (p.31). 

Au fur des années, la situation de la liberté de la presse et de la démocratie s’est empirée dans les années 70 après la prise du pouvoir par la force par la majorité des militaires dans le continent noir. Au Rwanda, par exemple, le président Habyarimana a muselé la liberté d’expression et d’opinion. L’exemple typique est qu’il n’y avait pratiquement pas une presse privée capable de contredire le régime. Selon le Président, la presse doit jouer un rôle d’intermédiaire entre le chef et les subordonnées. Il méprise l’indépendance de la presse. La déclaration du 9 août 1974 le montre : « On ne peut pas se passer de la presse puisque c’est un intermédiaire entre le chef et ceux qui doivent exécuter les discussions qui ont été prises …. Le chef connaît le désir de ses subordonnés par la presse et il communique sa pensée profonde par le canal. Ceux qui m’ont contacté déjà savent l’importance que j’attache à la presse et à l’information en général »( Annie BART, p. 163)

La famine, le favoritisme ethnique et régional créent un mécontentement au sein de la société africaine. C’est ainsi que l’on assiste à la naissance d’une presse indépendante à la fin des années 1980 mais cette presse a connu des moments difficiles : l’emprisonnement et les tueries des hommes des médias en Afrique.  Partout dans les pays africains francophones, les musèlements de la presse étaient comme un moyen de gouverner le pays. Au Bénin, les pages du journal (Daho-Express no1326 du 8 janvier 1974  cité par MSF, p.31) ;  le président Mathieu  Kérekou qui venait de prendre le pouvoir en 1972 par un coup d’État militaire ;  note « Il s’avère pour nous d’une nécessité impérieuse (….) de ne pas laisser les idées erronées se répandre partout et s’emparer de nos masses. »  Tandis que le journal le (Niger no 1, 27 novembre 1961) déclarait « rien n’est plus dangereux pour un pays que la presse dans des mains sales. »  Le Sénégal, le pays le plus cité le plus démocratique depuis les indépendances n’est pas également échappé au musèlement de la presse et l’absence de l’espace politique dans le pays. Au lendemain des indépendances au Sénégal, cette période fut marquée par une « sénégalisation » du contenu de Dakar Matin, ex Paris Dakar. Rebaptisée le Soleil en 1970, ce journal fut proclamé, en même temps, quotidien gouvernemental. La seule presse indépendante qui subsiste à cette époque est l’œuvre de responsables  de partis d’opposition jusqu’à la création du politicien, premier journal vierge de toute appartenance politique qui va instaurer un débat plus démocratique. La libéralisation de la presse coïncide avec l’arrivée de DIOUF  qui va proclamer « le respect de toutes libertés » y compris celle de créer un organe de presse en 1982.

           Dans les pays anglophones, certains pays ont évolué dans la mentalité de la démocratie et celle de la liberté de la presse. La tradition de pluralisme des médias a duré longtemps même juste après les indépendances. La liberté de la presse qui s’était implantée depuis l’arrivée des colons a persisté et s’est développée au fur et à mesure au Nigeria, au Ghana, en Sierra Léone, au Kenya et en Afrique du Sud cependant il existait les journaux gouvernementaux. Cette liberté de la presse dans les pays anglophones a subi des attaques dans les années 80.             

            Au fur des années, la presse porte des idées revendicatives et réclame le changement politique en Afrique. C’est ainsi que certains évolués ont réclamé la liberté pour que le peuple africain participe dans la gestion économique et politique de leur cité d’où la naissance des courants et des idéologies indépendantiste. En effet, le Dakar comme capitale de l’Afrique occidentale française(AOF) était l’un des pays les mieux indiqués comme lieu de naissance de la presse africaine d’expression française.( A.-J, TUDESQ, Feuilles d’Afrique : étude de la presse de l’Afrique subsaharienne, Talence, MSHA, 1995). De ce fait, c’est l’un des pays africains à avoir la diversité dans ce domaine, C’est seulement à la fin des années 1980 qu’on assiste à la libération avec l’avènement de journaux privés d’informations générales.

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