De Bujumbura aux scènes internationales, Neree Arlène Ninziza entend faire du mannequinat un métier, une passion et un espace de rayonnement pour le Burundi. Sa participation au Festival international Belgique-Afrique (FIBA) ouvre une nouvelle séquence dans un parcours construit depuis 2022.
À 23 ans, Neree Arlène Ninziza regarde déjà au-delà des frontières du Burundi. Dans l’univers exigeant de la mode, où la visibilité se conquiert souvent au prix de longues années de travail, la jeune Burundaise avance avec une ambition assumée : transformer sa passion pour le mannequinat en une carrière internationale.
Son prochain rendez-vous pourrait constituer une étape importante de cette trajectoire. Arlène participera au Festival international Belgique-Afrique (FIBA), qu’elle a découvert à travers les réseaux sociaux avant de prendre contact avec les organisateurs. Elle voit dans cette rencontre une occasion de se confronter à d’autres univers, de nouer des relations professionnelles et de présenter, au-delà de sa propre personne, les potentialités du mannequinat burundais.

1. De la passion au métier
Le parcours d’Arlène commence en 2022 à Bujumbura. Très tôt, les créations des designers retiennent son attention. Les vêtements, les silhouettes, la mise en scène des défilés et la relation entre le créateur et le public nourrissent chez elle l’envie de passer de l’autre côté du regard : celui de la mannequin qui donne vie aux créations.
Depuis, les expériences se sont multipliées.
Elle participe notamment à l’URUNYUZI Fashion avec Zoe Brand en 2023, puis à l’édition de 2024 en collaboration avec IKIREZI Models. Elle prend également part à la BUJA FASHION WEEK, de la 5e édition en 2023 à la 7e édition en 2025, en passant par l’édition de 2024.
Ces rendez-vous constituent pour elle autant d’occasions d'apprendre, de se perfectionner et de mesurer les exigences d'un secteur qui reste encore en construction au Burundi.
2. Un secteur qui cherche encore son modèle
Derrière les podiums et les projecteurs, Arlène connaît aussi les difficultés auxquelles sont confrontés les jeunes professionnels de la mode dans son pays.
Dans un entretien accordé au journal Œil d’Humanité, elle pointe notamment le manque d’investisseurs dans le mannequinat. Cette faiblesse limite, selon elle, l’organisation de castings et d’événements susceptibles de donner davantage de visibilité aux nombreux talents que compte le Burundi.
À cette difficulté économique s’ajoute une question de perception. Le mannequinat demeure parfois considéré comme un loisir plutôt que comme une profession à part entière. Or, pour Arlène, il peut constituer un véritable métier, générateur de revenus et porteur d’opportunités pour une jeunesse en quête d’espaces d’expression et d’insertion professionnelle.
Cette réalité renforce sa détermination à participer au FIBA. L’enjeu n’est pas seulement de défiler. Il s’agit aussi de montrer qu’au Burundi, une nouvelle génération de mannequins entend prendre sa place dans l’industrie africaine et internationale de la mode.
3. L’international comme horizon
Arlène ne cache pas ses ambitions. Elle rêve de voyager, de participer à des événements dans différents pays, de rencontrer d’autres mannequins et de confronter son expérience à celle de professionnels venus d’autres horizons.
Cette volonté d’apprendre est au cœur de son projet. Dans le mannequinat comme dans de nombreux métiers artistiques, estime-t-elle, chaque rencontre peut devenir une occasion de progresser.
Le FIBA arrive ainsi à un moment charnière de son parcours. Arlène espère y créer des connexions avec des agences et des professionnels du secteur susceptibles de lui permettre de franchir une nouvelle étape.
Son ambition dépasse donc la recherche d’une simple visibilité ponctuelle. Elle souhaite inscrire son parcours dans la durée et construire progressivement une carrière internationale.
4. Porter le Burundi au-delà des frontières
La dimension nationale n’est jamais loin dans son discours. Pour Arlène, accéder à la scène internationale signifie également contribuer à donner une image positive du Burundi et à faire connaître ses jeunes talents.
Elle salue à ce titre l’initiative de l’ASBL Œil d’Humanité, organisatrice du festival, qu’elle considère comme une opportunité de renforcer les liens entre la Belgique et les pays africains.
Le FIBA pourrait ainsi devenir pour elle un espace de rencontres autant qu'une vitrine. Une vitrine pour son propre parcours, mais aussi pour une scène burundaise qui cherche encore les moyens de mieux se structurer et de se faire connaître.
Avant de rejoindre le festival, Arlène adresse enfin un message aux Burundais vivant en Belgique. Elle les invite à venir la soutenir et à partager avec elle cette expérience qu’elle entend vivre comme un moment de représentation de son pays.
À Bujumbura, son aventure a commencé par une passion pour la mode. À Bruxelles, elle espère désormais ouvrir une nouvelle porte. Avec, en ligne de mire, un rêve simple à formuler mais exigeant à réaliser : devenir une mannequin internationale tout en faisant entendre, sur les podiums du monde, le nom du Burundi.
Par Aline MUGISHA
