Invite Du Mois: Interview Accordé À Monsieur Stefan Arts, Conseiller Du Secrétaire D' Etat À L' Asile Et La Migration Et Chargé De La Loterie Nationale, M. Sammy Mahdi.

Invite Du Mois: Interview Accordé À Monsieur Stefan Arts, Conseiller Du Secrétaire D' Etat À L' Asile Et  La Migration Et Chargé De La Loterie Nationale, M. Sammy Mahdi.

Invite Du Mois: Interview Accordé À Monsieur Stefan Arts, Conseiller Du Secrétaire D' Etat À L' Asile Et La Migration Et Chargé De La Loterie Nationale, M. Sammy Mahdi.

/ SOCIETE / Wednesday, 12 January 2022 21:02
Par Dr Aicha Bacha

Audit interne, réduction du délai de traitement de dossier, 700 vacatures pour traiter ces dossiers, des changements de loi datant des années 90 : la politique migratoire de Sammy Mahdi, humaine et qualitative ou discriminatoire et arbitraire?

Après la seconde guerre mondiale, des millions de migrants ont été accueillis par la Belgique (Espagnols, Italiens, Congolais, Marocains, Sénégalais, Turques, etc.) pour participer à sa reconstruction et à son essor économique. Pour une inclusion de cette migration, des programmes ont été mis en place, pour accueillir cette main d’œuvre, qui, par son travail, fait vivre l’économie belge. Cette immigration a changé de visage au fil du temps. On y trouve des migrants qui ont fui les guerres, d’autres qui ont franchi les frontières clandestinement pour survivre, faire des études ou qui présentent d’autres profils encore.

La politique migratoire a changé aussi. Nous allons découvrir dans les lignes qui suivent les caractéristiques de la politique migratoire belge actuelle, et ce, grâce à cet entretien que nous a accordé M. Stefan Arts, conseiller du secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration et chargé de la loterie nationale, M. Sammy Mahdi.

 

Dr Aicha Bacha

Comment évaluez-vous l’évolution de l’immigration en Belgique ?

Stefan Arts

La Belgique a toujours été une terre d’immigration. Les travailleurs qui venaient pour trouver un emploi au début des années 60-70 ne posaient pas de soucis, le besoin en matière de main d’œuvre était présent. Les lignes de notre politique sont claires : les gens qui ont besoin de protection, on va les protéger, mais cette protection doit être méritée et prouvée et même l’instance qui mène l’enquête de la nécessité ou pas de cette protection est un organisme indépendant. Il y a de plus en plus d’immigration vers la Belgique, c’est ce qui nous met en face de nouveaux défis liés à cette situation qu’il faut bien gérer. Nous avons toujours défendu qu’une politique migratoire doit être humaine, mais contrôlée et c’est la responsabilité de tout le monde, de toute la société.

 

Dr Aicha Bacha 

Quelles sont les actions que vous avez entreprises pour une politique migratoire plus humaine?

Stefan Arts

Les mesures prévues au niveau belge sont nombreuses. D’abord en matière de délai de traitement des dossiers : les traitements des dossiers se font de manière plus rapide mais aussi de manière qualitative, une personne a le droit de savoir si elle peut rester ici ou si elle doit aller ailleurs. Nous avons prévu 700 vacatures de plus pour traiter les dossiers. Nous avons même prévu un audit interne pour évaluer ce processus. Avec toutes ces décisions, les enquêtes doivent se faire très vite et de manière bien évidemment qualitative pour donner une réponse le plus tôt possible à la personne concernée. Donc le traitement moyen d’un dossier de demande d’asile sera dorénavant de 24 mois au lieu de cinq à huit ans.

 

Dr Aicha Bacha

La situation actuelle de l’immigration est-elle un héritage lourd de mauvaise gestion de vos prédécesseurs ou le simple résultat de politiques étrangères de certains pays Européens ?

Stefan Arts

Les deux situations sont vraies, il y a des crises humanitaires qui ont éclaté partout dans le monde. La guerre en Syrie a eu des répercussions sur les flux des réfugiés et des demandeurs d’asile que cela soit en Belgique ou dans des pays limitrophes. Je l’ai dit et je le répète, il est nécessaire d’avoir une politique plus européenne avec un impact européen et une bonne coordination entre les différents pays touchés par cette immigration. Certains pays européens doivent faire preuve de solidarité pour accueillir aussi des réfugiés. Force est de constater que les lois qui réglementent l’immigration datent des années quatre-vingt, nos prédécesseurs ont promis de les changer, il a fallu du courage politique pour le faire et c’est nous qui avons osé le faire.

 

Dr Aicha Bacha

Pourquoi devons-nous arrêter les migrations vers la Belgique ?

Stefan Arts

Nous ne pouvons jamais arrêter l’immigration. Et ce n’est pas non plus nécessaire. Déposer une demande pour obtenir un permis de séjour est un droit ; on doit préserver ce droit mais nous souhaitons juste le réguler. Le gouvernement établit des règles, mais doit également veiller à ce qu’elles soient respectées…

Le grand défi actuellement est qu’il y a des gens qui reçoivent des réponses défavorables à leurs demandes mais ils refusent de les accepter et restent ici. Les décisions d’un Etat doivent être respectées. Pour les gens qui ont besoin de protection, c’est de notre devoir de les protéger, pour ceux qui viennent étudier et ils sont acceptés dans nos universités, ils sont les bienvenus, pour ceux qui ont des permis de travail, ils travaillent en toute tranquillité. Nous travaillons en continu dans l’espoir de faire émerger un modèle de migration résiliant, intelligent et qualitatif. Un modèle où toute l’Europe coopère et se reconnaîtra.

 

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