L’Europe à l’épreuve d’une nouvelle vague de Covid-19

L’Europe à l’épreuve d’une nouvelle vague de Covid-19

L’Europe à l’épreuve d’une nouvelle vague de Covid-19

/ Santé / Monday, 02 November 2020 12:40

Dr Léonard NDUWAYO

Chef du Pôle de Prévention et d’Education du Patient

Groupe Hospitalier Public Sud de l’Oise (GHPSO)

Les scènes prêtent à sourire, d’un côté la Chine qui ouvre les bars, restaurants et autres discothèques à Wuhan, d’où est parti le SARS Cov-2 qui a contaminé le monde entier et responsable de milliers de morts, et d’un autre côté l’Europe qui reprend des mesures draconiennes pour endiguer la nouvelle vague qui serait plus meurtrière que la précédente selon certains leaders d’opinion qui se succèdent sur les chaînes de télévision. Certains pays comme la France ont opté pour un reconfinement pur et dur sur tout le territoire national même dans les zones où le coronavirus circule moins. Mais pourquoi cette deuxième vague qui était pourtant prévisible semble surprendre comme la première?

Après le confinement pendant la première vague de Mars à Avril, les gens se sont lâchés et ont emporté le virus même dans les zones qui étaient naguère épargnées, notamment les zones balnéaires. C’est pourquoi en France par exemple, après l’été, la Côte d’Azur a vu les cas de contamination exploser. La Bretagne qui était également épargnée a retrouvé ses premiers cas emmenés probablement par les touristes et les Bretons qui retrouvaient leurs familles. Le couvre-feu décrété dans certaines grandes villes françaises n’a même pas eu le temps d’être évalué car les 50000 nouveaux par jour et le taux de mortalité journalière qui atteignait celui de la première vague, ne pouvaient laisser les autorités politiques sans réagir. Mais par rapport à la Chine, quelles leçons à tirer par rapport aux démocraties occidentales aux systèmes de santé plutôt performants?

La dictature et la discipline peuvent-elles sauver les vies humaines face au Covid19 ?

Au début de la pandémie, les dirigeants des pays occidentaux ont critiqué les méthodes musclées des autorités chinoises pour éradiquer le virus. Ils ont parlé de graves atteintes au droit de l’homme voire de falsification de données. Ils ont critiqué la construction d’un hôpital flambant neuf dédié aux patients Covid-19 à Wuhan. Certains dirigeants parlaient même ironiquement de virus « chinois » qui n’arrivera jamais chez eux. Le manque de masque, de solutions hydro-alcooliques, de lits d’hospitalisation et de réanimation, les tergiversations des responsables politiques, les médias, les pseudo-experts, ont pourtant laissé le champ libre à la circulation du virus. Mais c’est surtout la difficulté des dirigeants des grandes démocraties occidentales à faire passer les mesures y compris sanitaires. Car il y a toujours des opposants à ces mesures même de bon sens. Quand une idée vient d’un adversaire politique, au lieu de voir ce que ça peut apporter à la population, on la combat d’emblée par simple idéologie politique sans même proposer une autre solution crédible.

Le SARS Cov-2 a montré qu’une petite dose de dictature peut sauver des vies en imposant des mesures salutaires. C’est le cas de la Chine mais aussi de certains pays africains qui s’en sortent plutôt bien grâce à une politique ferme pour arrêter la propagation du virus dans la population. Certaines mesures sont impopulaires mais parfois nécessaires. Les pays scandinaves s’en sortent également mieux grâce à leurs systèmes de santé solides

Les patients à haut risque

Rappel du profil des patients susceptibles de faire des formes graves de Covid-19 qui doivent être protégés plus que les autres :

- Personnes de plus de 70 ans

- Insuffisance respiratoire chronique sous oxygénothérapie, asthme, mucoviscidose ou toute autre pathologie respiratoire susceptible de décompenser lors d’une infection virale

- Insuffisance rénale chronique dialysée

- Insuffisance cardiaque stade NYHA III ou IV

- Cirrhose hépatique au-delà du stade B

- Antécédents cardio-vasculaires : Hypertension artérielle, accident vasculaire cérébral, coronaropathie, chirurgie cardiaque

- Diabète insulino-dépendant ou présentant des complications secondaires à la pathologie (micro et macroangiopathie)

- Immunodépression :

. Médicamenteuse : chimiothérapie anti-cancéreuse, immunosuppresseurs, biothérapie, corticothérapie à dose immunosuppressive

. Infection au VIH non contrôlée ou avec des CDA < 200/mm3

. Greffe d’organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques

. Cancer sous traitement

. Obésité morbide (IMC > 40)

. Femmes enceintes au 3ème trimestre de la grossesse et/ou en surpoids

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