Avoir le droit à l'avortement en Amérique latine, ça coûte

Avoir le droit à l'avortement en Amérique latine, ça coûte

Avoir le droit à l'avortement en Amérique latine, ça coûte

/ SOCIETE / Tuesday, 05 October 2021 16:00
source photo: The conversation
Par Jeff Thes

Malgré une évolution des droits de l’homme dans certains pays, il semble qu'il ait des interdits qui ne sont pas prêts d’être levés. Le droit à l'avortement, l'un des sujets qui occupent une place fondamentale dans les mouvements féministes depuis la fin des années 70 serait encore loin de trouver sol fertile en Amérique du Sud comme les peuples caribéens. Mais les femmes, principales concernées, continuent de le réclamer.

 

Dans des pays de l'Amérique du Sud dont le Chili, le Pérou et la Colombie, cette semaine aura été marquée par des manifestations des femmes réclamant la liberté de disposer de leur corps comme bon leur semble.

Ces dernières ont profité du 28 septembre 2021, Journée Mondiale du Droit à l'avortement pour la légalité de l'interruption de la grossesse, pour faire passer leurs revendications.

 

Certains pays de la région reconnaissent le Droit à l'avortement tout en déterminant à quel moment de la grossesse, ou encore sous quelles conditions la femme peut avorter. D'autres réservent de lourdes peines à tous ceux qui ne respectent pas la loi : c'est le cas de la Colombie, et du Honduras au cours de ces dernières années.

 

La promulgation le jeudi 14 janvier 2021, par le président argentin, Alberto Fernandez, de la loi approuvée fin décembre par le Parlement, a soufflé un vent d'espoir sur les batailles des femmes Sud-Américaines pour obtenir le droit d'interrompre volontairement une grossesse en cas de nécessité. Les sénateurs argentins ont approuvé cette loi avec 38 voix pour et 28 contre le 30 décembre 2020  après avoir essuyé un échec le 9 août 2018. L'écart dans ce vote montre les avis partagés sur la question. Il s'agit quand bien même d'un exemple qui a du mal à être suivi par les autres sociétés voisines.

Toutefois, c'est une question qui est en débat actif dans les pays comme le Chili et le Mexique. Dans ces pays-là, en cas de viol et de risque de mort maternelle confirmé, la mère peut se passer de la grossesse.

 

Il faut noter que les travaux de Michelle Bachelet, ancienne présidente socialiste du Chili auront des suites positives puisque la chose n'est plus au point mort où elle a été il y a 30 ans de cela. Les Chiliennes peuvent encore y croire puisque l'assemblée des députés chiliens-ennes, dans un message posté sur son compte Twitter, a fait savoir que les députés ont voté une loi qui dépénalise l'avortement jusqu'à 14 semaines de grossesse. Mais Il faut donc attendre le verdict du Sénat.

 

Plus la religion chrétienne est dominante, moins les gens acceptent qu'une personne puisse, pour une raison ou pour une autre, stopper une grossesse. Mais, l'Argentine a déjà franchi ce stade et les responsables d'organisation féministe vantent déjà les bienfaits d'une telle décision

 

Le Salvador, le Nicaragua, le Surinam, la République dominicaine et Haïti sont parmi les pays où est punie l'IVG, dont les peines peuvent jusqu'à aller plusieurs années de prison ferme.

L'interdiction empêche-t-elle la pratique?

À Haïti, le nouveau code pénal publié par l'ancien président Jovenel Moïse par arrêté présidentiel le 24 juin 2020 avait légalisé l'avortement en précisant dans son article 328  le contexte nécessaire: "L’interruption de la grossesse pratiquée sans le consentement libre et éclairé de la gestante, ou au-delà du délai de douze semaines, ou en méconnaissance des exigences de la science médicale est passible d’un emprisonnement de cinq à sept ans et d’une amende de 50 000 à 100 000 gourdes. Quiconque, en dehors des exigences de la science médicale, par aliments, breuvages, médicaments ou autres, aura provoqué l’avortement d’une femme enceinte sans son consentement est passible des mêmes peines. La peine est la même si l’avortement est provoqué par la violence physique. Les médecins, chirurgiens, les autres officiers de santé et les pharmaciens qui auront indiqué ou administré ces moyens seront condamnés à la même peine si l’avortement s’en est suivi. Il n’y a pas d’infraction lorsque la grossesse résulte d’un viol ou d’un inceste ou lorsque la santé physique ou mentale de la femme est en danger."

 

 Cependant, les femmes haïtiennes doivent croiser les doigts après l'assassinat du chef de l'État le 7 juillet dernier, puisque, le nouveau texte de loi a été contesté par une grande partie de la population au moment de sa promulgation. 

 

Dans un rapport publié le 25 septembre 2020, l'Organisation Mondiale de la Santé( OMS), a laissé entendre que, "chaque année, 4,7 % à 13,2 % des décès maternels peuvent être attribués à un avortement non sécurisé, et environ 7 millions de femmes sont hospitalisées à la suite d’avortements à risque dans les pays en développement." Très souvent les femmes et adolescentes haïtiennes ont recours à cette pratique tout en ignorant le risque qu'elle implique. L'OMS a déjà plaidé pour l'accès légal à l'avortement sécurisé, ce qui, selon l'instance internationale, faciliterait un accompagnement médical et réduirait du même coup le risque de décès, mais aussi la vulnérabilité de certaines catégories de la société.

 

 Pourquoi ne pas actualiser notre regard sur ce tabou qui met en péril notre vie, ce que nous avons de plus cher? Que devrions-nous attendre de cet élan qu'on a vu naître dans le sous-continent américain en ce qui a trait aux luttes des droits des femmes, particulièrement au sujet de l'IVG? 

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