Haïti: Un début d'année ensanglanté et ça devient routine 

Haïti: Un début d'année ensanglanté et ça devient routine 

Haïti: Un début d'année ensanglanté et ça devient routine 

/ SOCIETE / Tuesday, 11 January 2022 20:53

source photo: france culture

Par Jeff THES

L'année change mais les jours se ressemblent pour le peuple haïtien. Inexistence de l'État, assassinat de journaliste et de policier, des quartiers pris en otage, pas le temps de faire le bilan de l'année 2021. Avec l'actuel premier ministre trempé dans la mort du président Jovenel Moïse par les déclarations des présumés assassins arrêtés dans le cadre de ce dossier, rapportées par le journal américain The New York Times, le pays avance vers un avenir de plus en plus sombre. 

Pas de bonne année pour un peuple qui peine à s'expliquer qu'il est libre à force de perdre tout ce qu'il avait de liberté de s'exprimer sans crainte, de circuler et de planifier ses jours dans son pays.

L'année 2022 s'ouvre sur un conflit opposant les partisans du premier ministre Ariel Henry indexé mouillé jusqu'aux os par la pluie des dénonciations dans l'assassinat du dernier président pays, M. Jovenel Moïse et un groupe armé de la ville des Gonaïves. Après avoir buté sur les tirs ménaçants de la bande armée de Raboteau au moment de commérer le 218ème anniversaire d'indépendance du pays, le PM dit victime d'une tentative d'assassinat alors qu'il a été déconseillé de s'y rendre en raison de l'illégitimité dont il est frappé. 

Le 6 janvier, deux journalistes travaillant pour des médias en ligne ont été assassinés par un gang opérant à Laboule 12 à hauteur de Pétion-ville. Il s'agit de John Wesley Amady et Wilguens Louissain. ils étaient en compagnie d'un confrère qui a été rencontrer le représentant de cette bande armée afin d'établir un équilibre puisqu'un autre gang rival l'avait accusée dans l'assassinat du fils de l'ancien cadre des forces Armées d'Haïti Danny Toussaint. Dan Jerry Toussaint a été exécuté dans cette même localité dont la possession est discutée entre des bandes armées. 

Alors que les corporations de presse, les organismes de droits humains dénoncent la mort de ces travailleurs de la presse, l'entrée Sud de la capitale donnant accès à quatre départements du pays est bloquée par de puissants gangs qui contrôlent cette partie du territoire. Puis viennent les déclarations de Rodolphe Jaar arrêté par les autorités dominicaines qui, après avoir avoué qu'il avait versé 130000 dollars pour le complot contre le président, a laissé entendre que l'actuel chef du gouvernement a protégé le dénommé Joseph Félix Badio, l'un des suspects clés dans l'assassinat du chef de l'État.

L'institution policière, elle aussi est frappée par la vague d'insécurité qui sévit dans le pays. Le dernier cas en date remonte à vendredi dernier avec l'assassinat de l'ex commissaire Colls Rameau et son agent de sécurité. 

Cette ombre plane de plus en plus sur le pays. Les haïtiens devaient élire un nouveau président qui devrait entrer en fonction le 7 février prochain. Mais la crise politique et sociale qui règne dans cet État caribéen depuis plusieurs années qui s'est renforcée après l'assassinat de leur président chez lui à Pèlerin 5 dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021 y instaure un climat d'insécurité sans précédent. Ce qui a largement contribué au retard de l'organisation des scrutins. Le pays va connaître sans aucun doute une transition. Et pourtant chacun tire son bout de la corde, écartant tout processus devant mener à une entente inter haïtienne qui pourrait éviter le pire au pays au lendemain du 7 février. 

Et ça se passe aux yeux et sus des pays dits amis d'Haïti. Insécurité, meurtres,  enlèvements constituent le quotidien de la population haïtienne qui ne sait à quel saint se vouer.

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